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mercredi 7 janvier 2015

La richesse culturelle du monde, c'est sa diversité en dialogue



Alors que la maitrise de la compétence phonologique est décrite avec une relative précision dans le chapitre 5 du CECR p 91-92 et que la déclinaison de cette compétence suivant les niveaux du cadre permet de dégager les grandes lignes des objectifs phonétiques, il n'y a pas, dans le cadre, de propositions méthodologiques pour atteindre ces objectifs.

Le contexte multilingue n'offrirait-il donc pas alors un cadre méthodologique particulièrement riche pour un apprentissage phonétique interculturel ? "La richesse culturelle du monde, c'est sa diversité en dialogue" (voir la Déclaration Universelle sur la diversité culturelle de l'UNESCO)...

Par la comparaison entre les langues, par la mise en valeur du savoir linguistique des apprenants, par le dialogue et l'empathie qui favorise l'expression des apprenants, n'est-il pas envisageable de construire dans la classe un corpus phonétique interculturel ? Pour conclure, je vous invite à regarder les séquences "Comparons nos langues" du réseau CANOPé.

La compétence phonologique décrite par le CECR

Extraits du CECR. p 91-92

5.2.1.4 Compétence phonologique

Elle suppose une connaissance de la perception et de la production et une aptitude à percevoir et à produire :
- les unités sonores de la langue (phonèmes) et leur réalisation dans des contextes particuliers (allophones)
– les traits phonétiques qui distinguent les phonèmes (traits distinctifs tels que, par exemple, sonorité, nasalité, occlusion, labialité)
– la composition phonétique des mots (structure syllabique, séquence des phonèmes, accentuation des mots, tons, assimilation, allongements)
– la prosodie ou phonétique de la phrase :
          - accentuation et rythme de la phrase
          - intonation
          - réduction phonétique
          - réduction vocalique
          - formes faibles et fortes
          - assimilation
          - élision

mardi 6 janvier 2015

samedi 27 décembre 2014

Les 3 traits fondamentaux du phonétisme français

L'acuité s'entend :
C'est la notion AIGU / GRAVE  (A+ / A-).  
Plan acoustique.
  • Quand on avance la langue, on diminue la caisse de résonance, la fréquence du son est plus élevée et le son est plus aigu. On dit aussi que le son est antérieur. 
    • [ i / e / ɛ / ɛ̃ / y / ø / ǝ / œ / œ̃ / a ]
  • Quand on recule la langue, on augmente la caisse de résonance et le son est plus grave. On parle de son postérieur.
    •  [ u / o / õ /  ɔ / ã / ɑ ]
on entend l'acuité

La tension se ressent : 
Les muscles de l'appareil phonatoire sont TENDUS ou RELACHES (T+ / T-).
Plan physiologique ou kynésique.
  • Quand on tend les muscles, on a tendance à fermer la bouche. On dit aussi que les sons tendus (T+) sont fermés.
    •  [ i / e / y / ø / u / o / õ ]
  • Quand on relâche les muscles, on a tendance à ouvrir la bouche. On dit que les sons relâchés sont ouverts.
    •  [ ɛ / ɛ̃ / ǝ / œ / œ̃ / a / ɔ / ã / ɑ ]
on ressent la tension

La labialité se voit : 
On distingue bien si les lèvres sont projetées en avant ou pas, c'est le caractère plus ou moins labial (L+ très labial / L- peu labial / L° pas du tout labial).
Plan visuel.
  • Quand les lèvres sont projetées fortement en avant, le son est très labial (L+)
    • [y / ø / ǝ / œ / œ̃ / u / o / õ / ɔ / ã ]
  • Quand les lèvres sont légèrement projetées en avant, le son est peu labial (L-)
    •  [a / ɑ]
  • Quand les lèvres ne sont pas du tout projetées en avant ou rétractées, le son n'est pas du tout labial (L°)
    •  [ i / e / ɛ / ɛ̃ ]
on voit la labialité

vendredi 26 décembre 2014

Des étapes pour apprendre un son

L'apprentissage d'un son :
  • Etape 1.  La discrimination auditive, où l'on apprend à distinguer des sons différents à travers des exercices qui présentent des sons voisins que les apprenants risquent de confondre.
  • Etape 2.  Les exercices de phonie-graphie,  exercices de reproduction et de relation entre la graphie des sons et leur prononciation.
  • Etape 3. Les activités de conceptualisation, où les apprenants peuvent déduire les réponses (la règle) à partir de ce qu'ils observent.


    La loi de distribution complémentaire


    • Dans une syllabe ouverte, c'est à dire une syllabe qui se termine par un phonème vocalique (voyelle ou consonne non prononcée), la voyelle est fermée : [e] / [ø] / [o]
    • Dans une syllabe fermée, c'est à dire une syllabe qui se termine par un phonème consonnantique, la voyelle est ouverte : [ɛ] / [œ] / [ɔ]

    Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée...

    lundi 22 décembre 2014

    Voyelles à double timbre


    [o/ɔ]




     [ø/œ] 




    [e/ɛ]


    Le timbre

    Le timbre d'une voyelle dépend du nombre, de la forme et du volume des résonateurs traversés par l'air expiré. On distingue : 

    1. L'aperture : dépend du degré d'ouverture de la bouche, et donc de l'espace entre la langue et le palais. A ce niveau-là, la voyelle peut être :
        • fermée. ex : [ i ]
        • mi-fermée. ex : [ e ]
        • mi-ouverte. ex : [ ɛ ]
        • ouverte. ex : [ a ]

    2. L'antériorité : dépend de la profondeur du point d'articulation, c'est à dire la position avancée ou reculée de la langue.
        • lorsque la partie avant de la langue se rapproche de l'avant du palais, les voyelles sont dites antérieures.
        • lorsque l'arrière de la langue se rapproche de l'arrière du palais, les voyelles sont dites postérieures


    3. L'oralité / La nasalité :
    • quand l'air passe uniquement par la bouche, le phonème est oral. 
    • Quand une partie de l'air passe par le nez, le phonème est nasal. ex :




    dimanche 21 décembre 2014

    Le mystérieux [ə]

    Aaaahhhhh...
    Ce [ə] qui va et vient,
    qu[ə] l'on prononc[ə] ou pas,
    qu[ə] l'on voil[ə] ou pas,
    qu[ə] l'on cach[ə] ou pas,
    qu[ə] l'on élid[ə] ou pas,
    qu[ə] l'on li[ə] ou pas
    Le terme schwa /ʃva/, qui est la transcription d’un mot hébreu (שווא, suivant l’orthographe moderne) désignant le « vide » est employé en linguistique pour désigner la voyelle neutre, centrale, notée [ə] en alphabet phonétique international. On l'écrit aussi chva. Il correspondrait grosso modo au e dit muet du français moderne, comme dans apte.

    mercredi 17 décembre 2014

    L'amuïssement : un joli mot

    En phonétique, l'amuïssement consiste en l'atténuation ou, le plus souvent, la disparition complète d'un phonème ou d'une syllabe dans un mot. C'est une modification phonétique courante en phonétique historique. + d'infos sur l'article de Wikipedia

    Le "e" muet, caduc, instable, sombre, ou...

     

     Surligner en bleu l'amuïssement du "e" et le "e" sombre...

    Pour faire le portrait d’un oiseau

    Peindre d’abord une cage
    avec une porte ouverte
    peindre ensuite
    quelque chose de joli
    quelque chose de simp1e
    quelque chose de beau
    quelque chose d’utile
    pour l’oiseau
    Placer ensuite la toile contre un arbre
    dans un jardin
    dans un bois
    ou dans une forêt
    se cacher derrière l’arbre
    sans rien dire
    sans bouger.
    Parfois l’oiseau arrive vite
    mais il peut aussi  mettre de longues années
    avant de se décider
    Ne pas se décourager
    attendre
    attendre s'il le faut pendant des années
    la vitesse ou la lenteur de l’arrivée de l’oiseau
    n’ayant aucun rapport
    avec la réussite du tableau
    Quand l’oiseau arrive
    s’il arrive
    observer le plus profond silence
    attendre que l’oiseau entre dans la cage
    et quand il est entré
    fermer doucement la porte avec le pinceau
    puis
    effacer un à un tous les barreaux
    en ayant soin de ne toucher aucune des plumes de l’oiseau
    Faire ensuite le portrait de l’arbre
    en choisissant la plus belle de ses branches
    pour l’oiseau
    peindre aussi le vert feuillage et la fraîcheur du vent
    la poussière du soleil
    et le bruit des bêtes de l’herbe dans la chaleur de l’été
    et puis attendre que l’oiseau se décide à chanter
    Si l’oiseau ne chante pas
    c’est mauvais signe
    signe que le tableau est mauvais
    mais s’il chante c’est bon signe
    signe que vous pouvez signer
    Alors vous arracher tout doucement
    une des plumes de l’oiseau
    et vous écrivez votre nom dans un coin du tableau.

    Jacques Prévert in Paroles, Éd. Gallimard.

    lundi 15 décembre 2014

    L'élision


    La voyelle a ou e ou i est supprimée à la fin d'un mot quand le mot suivant commence lui aussi par une voyelle ou un h muet.

    vendredi 12 décembre 2014

    Semi-consonnes ou demi-voyelles


    Le français comporte trois semi-consonnes ou semi-voyelles (ou glides): [ j w ɥ ]. Les semi-voyelles (appelées également semi-consonnes, bien que l'on préfère généralement le premier terme) sont des voyelles non syllabiques qui forment des diphtongues avec des voyelles syllabiques. Leur comportement est cependant plus proche de celui d'une consonne que de celui d'une voyelle.
    • [j] : paille, oeil, fille, yeux, pied
    • [w] : oui, loin, ouest, allouer
    • [ɥ] : lui, fuyons, situé, huile

    jeudi 11 décembre 2014

    Occlusive ou constrictive ?...une question d'obstruction

    Ou de canalisation plus ou moins bouchée...
    • Si l'air peut passer, même s'il est gêné par les dents : Il s'agit de consonnes constrictives. Il y a des frottements
    • Si l'air est bloqué momentanément avant de sortir brutalement : Il s'agit de consonnes occlusives.

    Point d' articulation 
    Le point d'articulation est l'endroit où se trouve, dans la cavité buccale, un obstacle au passage de l'air. De manière générale, on peut dire que le point d'articulation est l'endroit où vient se placer la langue pour obstruer le passage du canal d'air.
    Le point d'articulation peut se situer aux endroits suivants :
    • les lèvres (articulations labiales ou bilabiales) 
    • les dents (articulations dentales) 
    • les lèvres et les dents (articulations labio-dentales) 
    • les alvéoles (articulations alvéolaires)
    • le palais (articulations palatales) 
    • le voile du palais (articulations vélaires) 
    • la luette (articulations uvulaires)

    [p] père, coupe      //       [t] ton, autre       //   [k] kilo, disque
     [b] bon, arabe       //     [d] don, idole          //   [g] guerre, fugue
    [f] fin, golf              //     [s] son, pense       //   [ʃ] chat, bouche
    [m] mer, mode      //       [n] non, nage     //   [ɲ] vigne, signa
    [v] vie, avoir      //    [z] maison, zone   //   [ʒ] joli, plage
                                         [l] lion, salon       //    [r] riz, heure 

    Orale ou nasale ?... La nasalité

    Selon que le voile du palais est relevé ou non, on oppose

    => Les consonnes (phonèmes consonnantiques) orales - /b/, /d/, /g/ - et nasales ( /m/, /n/, /ŋ/ )
    => Les voyelles (phonèmes vocaliques) orales et nasales ( an et en /ɑ̃/ in /ɛ̃/, on /ɔ̃/, un /œ̃/ )

    Voisée ou non voisée ?... La sonorité

    Très impressionant !!!


    Quand les cordes vocales vibrent, on dit que le son est voisé ou sonore.
    Quand elles ne vibrent pas, on dit que le son est non voisé ou sourd.



    mardi 14 octobre 2014

    Les liaisons

    Où l'on comprend que le titre du roman de Choderlos de Laclos est tout à fait adapté pour illustrer cette séquence sur les liaisons et qu'il convient de distinguer :

    lundi 13 octobre 2014

    Regles de syllabation



    Les syllabes

    En français, il n'y a pas de syllabe sans phonème vocalique (voyelle prononcée).
    1 voyelle prononcée = 1 syllabe
    2 voyelles prononcées = 2 syllabes
    Le phonème vocalique constitue le sommet de la syllabe.
    Le français est une langue vocalique.

    Syllabe simple : 1 phonème vocalique +/- 1 phonème consonnantique
    Syllabe complexe : 1 phonème vocalique entouré de plusieurs phonèmes consonnatiques

    Syllabe ouverte : se termine par un phonème vocalique
    Syllabe fermée : se termine par un phonème consonnantique
    Le français privilégie les syllabes ouvertes (environ 75%)


    Accentuer...

    Pour prononcer "à la française", on accentue la dernière syllabe du groupe rythmique, on l'allonge. "L'accent en français n'est pas fixe (il ne se retrouve pas toujours à la fin des mots) mais "libre" puisqu'il se déplace pour se trouver à la fin du groupe rythmique". p27